L'illustrateur Yvon Le Gall (2)

 

Ceci est la seconde partie de l'interview de Clotilde Le Gall.

La première partie de l'entretien se trouve ici.

 

Tartarin de Tarascon Tartarin de Tarascon (extrait)

Est-ce que votre père faisait aussi des bandes dessinées dans un style plus caricatural ?

Tartarin de Tarascon chez Flammarion. (Et aussi) Une série qui s’appelle « passe à fond »qu’il a fait dans les années 60.

Je n'aurais pas imaginé que Yvon Le Gall était aussi inspiré par Fluide Glacial et Pilote. Est-ce que vous lisiez aussi ces revues ?

Je n’ai jamais été intéressée par les journaux Pilote et Fluide glacial, c’est mon frère qui les lisait avec lui. A moi, mes parents m’offraient Prince Vaillant et Alix ; A ma sœur Yoko Tsuno !

 Alix l'intrépide Le trio de l'étrange

 

Avez-vous gardé le goût de la Fantasy et de la Science-fiction et quels sont vos romans, vos bandes dessinées ou films favoris en général et/ou en ce moment ?

En bandes dessinées : les Thorgal que j’offre à mon frère pour compléter sa collection ! je ne lis que ces BD avant de les offrir. En roman : beaucoup de romans historiques et policier : Jean d’Aillon en ce moment, je lis tout de lui ! J’adore ! J’ai adoré Le clan des Ōtori de Lian Hearn, sinon j’ai adoré, Les enfants de la terre de Jean M. Auel, et une grande partie des Ken Folett. Quand je lis j’aime m’évader !

(côté films) J’ai adoré La guerre des étoiles, le Seigneur des anneaux, et actuellement (à la télévision) Game of Thrones. J’aime les films français : Ne le dis à personne, Deux jours à tuer, Fauteuil d’orchestre, Neuf mois fermes, Les gamins, Didier, Astérix et Cléopâtre

De taille et d'estocLe clan des Otori

 

Est-ce que votre père vous a appris à dessiner et à peindre ? Est-ce que vous-même vous êtes devenue illustratrice, ou créatrice dans d'autres disciplines, par exemple l'écriture ? Avez-vous à votre tour des illustrateurs préférés qui vous inspirent ?

Je peins,  je dessine,  j’ai tout appris de mes deux parents et je fais du modelage maintenant. Mon père faisait de magnifiques poteries au tour : il s’est d'ailleurs représenté en train de tourner dans « La vie privée des hommes au temps des romains » chez Hachette.

La vie privée des hommes

Mon frère et ma sœur ont aussi du talent mais personne n’en a fait son métier. Tout le monde peint dans la famille. Ma sœur est peut-être gauchère parce qu'elle a appris à utiliser des crayons en s'asseyant sur la table à dessin en face de mon père !

Moi, je travaille dans le social, cela me permet d’être tout le temps dans la créativité aussi, mais pas artistique ! Quand je peins ou je modèle, je m’inspire beaucoup de ce que je trouve sur Pinterest mais j’ai aussi beaucoup d’imagination. J’adore Klimt, actuellement j’aime ce que fait Franck Ayroles. J’aime les motifs et les couleurs.

Gustav KlimtFranck Ayroles

"Si tu vas en Provence" de Michelle Lochak chez Gautier-languereau m'a été très précieux pour illustrer la culture provençale...

Si tu vas ... en Provence, n'est pas le meilleur de mon père. Je dirais même que c'est un des pires. En effet on sent dedans que la maladie influençait déjà les proportions des personnages et le jeu de couleur. Par contre dedans la petite fille brune c'est moi et le barbu est très proche d'un autoportrait de mon père.

J'avais naïvement cru que l'éditeur avait imposé ce style et le style de mise en couleurs à votre père. Je n'avais pas fait le rapprochement avec les dates...

« Si tu vas Dans les Alpes » est beaucoup plus réussi. C’est l’époque où l’aquarelle était à la mode mais ce n’était pas la tasse de thé de mon père. 

Yvon Le Gall et ses enfants au skiYvon Le Gall et ses enfants

Existe-t-il d'autres portraits de lui ou de ses proches, par exemple dans les contes qu'il a illustrés, ou dans la bande dessinée du Tour de monde en 80 jours ? Est-ce que lui et vous êtes aussi dans les illustrations des romans de Philippe Ebly ?

A ma connaissance pas dans les romans de Philippe Ebly mais dans Tartarin de Tarascon et le Tour du monde, il y a deux de ses meilleurs amis caricaturés. Ma mère est représenté dans Colomba qu’il a illustré, ma sœur est aussi représentée dans un conte et mon frère dans un merveilleux livre : « le merle et moi » de Fournier. Il a fait deux livres chez Casterman avec Alain Gré : acti-pile et acti-boite dans lesquels les enfants qui montrent les productions sont les enfants des deux co-auteurs : les enfants d’Alain Gré et nous. 

Le merle et moi

Il m'a été impossible jusqu'ici de retrouver l'une des affiches que votre père avait dessiné pour Michelin, avant de s'installer à son compte et d'illustrer pour la jeunesse...

Voici une affiche qu’il a fait pour Michelin et qui a été placardée dans tout paris en très grand format pendant tout un temps dans les années 70. Il a (même) fait un tour de France déguisé en Bibundum !

 

 Publicité Michelin, par Yvon Le Gall

Cela a été une expérience extraordinaire pour moi de découvrir tout ces détails sur votre père, toutes ces images... et de découvrir enfin son visage, qui m'avait tant manqué toutes ces années!

J'adore parler de mon père. Sa chanson de Jacques Brel préférée : la quête !!! Ça le représente parfaitement. C'était un homme extra! On avait accès à tout même à son matériel. Je ne pense pas connaître de gens de ma génération qui aient connu un père aussi disponible que lui avec ses enfants.  

Yvon Le Gall

 

Un très grand merci à Clotilde pour sa gentillesse et sa générosité, et à très bientôt!

Dans un prochain article, la biographie illustrée d'Yvon Le Gall par Clotilde Le Gall. Nous espérons également très bientôt pouvoir interviewer le fils d'Yvon Le Gall.

 

 

L'illustrateur Yvon Le Gall (1)

 

Yvon Le Gall Yvon Le Gall

Yvon Le Gall illustre les romans de Philippe Ebly parus à la Bibliothèque Verte jusqu'au Matin des dinosaures et Un frère au fond des siècles, à l'exception des Trois portes, du Robot qui vivait sa vie et de SOS Léonard de Vinci. Pour les premiers lecteurs, il est simplement indissociable des Conquérants de l'Impossible, parce qu'il leur a donné un visage, et parce que ses couvertures sont alors sans exception, des réussites totales, frappant l'imagination des lecteurs, et se déployant sans difficulté jusque dans leurs rêves.

Sa disparition, des plus étranges pour les jeunes lecteurs ignorant tout de sa vie, laisse un blanc que même au début de ce 21ème siècle sur-informé, Google ne parvient pas à combler, et c'est seulement grâce à sa fille, Clotilde, que tout va changer. Je suis donc très honoré et extrêmement reconnaissant de vous présenter son interview, illustré des images d'Yvon Le Gall que Clotilde a tenu à nous faire parvenir.

L'énigme de l'Atlantide Fort Navajo

Est-ce que votre père vous avait parlé des illustrateurs qui l'avaient inspirés, ou de ses goûts en matière de Science-fiction et de Fantasy?

Mon père était inspiré par les Blake et Mortimer d'Edgard-Pierre Jacobs, par Blueberry de Jean Giraud, par Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay, par les magazines Fluide Glacial et Pilote et par plein de documents.

Mon père adorait travailler à la plume et l'encre de chine. Il était aussi très doué pour peindre aux encres de couleur. Son meilleur livre illustré à mon sens est entièrement réalisé aux encres. A mon sens, c'est une merveille, « contes et légendes du monde entier » chez F. NATHAN 1972.  C’est un livre très rare, je suis la seule à l'avoir dans la famille et nous n'avons pas récupéré les originaux, donc j'ai numérisé toutes les planches.

Contes et légendes du monde entier

Est-ce que votre père a rencontré Jean Giraud ou Edgar-Pierre Jacobs ou d'autres auteurs qu'il appréciait?

Il n'a rencontré que Jean Giraud. Il avait toute la collection des Blueberry c'est mon frère qui l'a maintenant. J'ai la collection des chevaliers Vaillant et Alix. On a tous poursuivi les collections après sa mort.

Est-ce qu'il lui arrivait de participer à des festivals de bandes dessinées ou d'autres évènements tant que sa santé le lui permettait?

 Il n’a jamais participé à un salon de la BD. Il a participé à une émission de télé à la sortie du tour du monde en 80 jours à Nantes. Emission que nous avons gardée en cassette VHS !

Yvon Le Gall à la télévision

Est-ce que votre père vous faisait découvrir toutes ces bandes dessinées, ces romans et ces albums quand vous étiez enfant, ou bien aviez-vous une bibliothèque bien à vous?

Nous avons eu accès à toutes ses affaires, sa bibliothèque, ses disques, ses documents, tout était dans sa « pièce à dessin » comme nous disions et il y était installé une grande partie du temps….. Il nous les a fait aimer.

Beaucoup de musique. Il faisait du bignou breton, de la flûte traversière et de la flûte de pan. On dessinait avec lui soit en face de lui sur sa table à dessin soit sur la table à dessin de ma mère dans la même pièce. On a utilisé tout son matériel et appris au quotidien toutes les techniques, les trucs…. il nous passait même ses calques que nous pouvions réutiliser pour faire de nouvelles planches et les coloriser à notre guise. Très patient, je ne me suis disputée avec lui qu’une fois à 18 ans, je lui avais manqué de respect. Je ne l’ai jamais entendu crier et on lui a toujours obéi.

Destination Uruapan Celui qui revenait de loin

Comment avez-vous découvert les romans de Philippe Ebly et quels étaient vos préférés ? Votre père vous prêtait les exemplaires que lui envoyait Hachette, ou bien vous les offrait?

Les Philippe Ebly que je préfère, moi, c'est Destination Uruapan, Celui qui revenait de loin, l'évadé de l'an II. Après, j'ai aimé toute la série. 

Enfants, nous n’aimions pas lire à part les BD, aussi ma mère nous lisait tous les livres qu’avait illustré mon père et c’est comme cela que nous avons découvert les Compagnons de l’impossible et d’autres bien sûr pendant les vacances. (Vacances que nous passions tous ensemble à partir de 1973, car nous avions une maison de campagne où nous avons passé la totalité de nos vacances scolaires (mon père y avait sa table à dessin et son matériel.) Ma mère était prof d’arts plastiques en lycée professionnel et avait toutes les vacances.

Gérard Philippe à la radio Pierre Dac, l'os à moelle

Nous n’avions pas la télé à la maison par choix éducatif et la radio était en stéréo dans sa pièce. Il avait fait un système pour que les enceintes encastrées dans des placards pivotent pour que le son arrive directement dans le salon quand nous y étions. Nous écoutions les feuilletons radiophoniques tous les soirs et les pièces sur France culture le samedi soir quand nous étions là. (Ruis Blaz, le prince de Hambourg avec Gérard Philippe).

Ici Gérard Philippe lit Ruis Blaz sur le site de l'INA

Ici la série radiophonique du Chevalier à la charrette, sur le site de l'INA

Il enregistrait en cassette audio tout cela pour pouvoir les réécouter car il aimait le théâtre. Il nous a enregistrait une série qui s’appelait le chevalier à la charrette (lancelot du lac) ; Dracula qu’il nous faisait écouter le soir. Il adorait l’humour loufoque : les Branquignols, « vos gueules les Mouettes » ; Obaldia, Pierre DAC, Desproges, par exemple.

Sur France inter : le tribunal des flagrants délires… Villeret dans « le loulou de banlieue », l’histoire du « gobe douille » de Claude Piéplu dans les années 70-80. Il aimait faire des blagues et nous faisait beaucoup rire. Toutes les situations cocasses étaient propices à la rigolade. Dans la résidence où nous habitions certains couples un peu caricaturaux étaient particulièrement ciblés.

Légendes et récits de la Gaule et des Gaulois Contes et légendes, l'invitation (Yvon Le Gall)

Il a été malade de 1963 à 1984 soit 20 ans, n’en parlait jamais ça ne se voyait pas mais c’est pour cette raison qu’il s’est mis à son compte et a installé son travail à la maison. Il était en permanence avec nous et je peux vous dire qu’on en a profité et lui aussi. Je crois que c’était sûrement son but aussi car à l’époque sa maladie était considérée comme fatale c’était une question de temps plus ou moins long avant la fin. Il accompagnait et allait rechercher ma sœur à l’école matin midi et soir quand nous étions à l’école primaire et elle à l’école maternelle.

Il nous racontait toutes sortes d’histoires qu’il inventait ou qu’il illustrait… notamment les contes et légendes : il en a illustré un grand nombre. C’était un conteur remarquable, légendes bretonnes… à chaque fois qu’il lisait un bouquin nous en profitions par ses récits parfois effrayants…. Pour nos âges !

Pendant toute une période, il nous a raconté tous les soirs avant de dormir l’histoire de « René Bonne Soupe » ; c’était génial. Dommage qu’on n’ait pas enregistré. C’étaient les aventures d’un garçon de notre âge qu’il inventait au regard de la météo, de l’actualité …. Elle avait commencé un repas de dimanche au chaud dans notre cuisine alors qu’il neigeait très dru. René ne pouvait plus sortir de son immeuble tellement il avait neigé aussi avait-il creusé un tunnel. A la sortie, il était tombé nez à nez avec un pingouin…. Son immeuble avait disparu sous la neige et René était au pôle nord, avait rencontré Paul Emile Victor et les aventures commençaient….

 

Fin de la première partie de l'entretien.

La seconde partie de l'entretien se trouve ici.

 

 

 

Les internautes et Philippe Ebly (2)

 

L'écrivain Philippe Ebly

Jean-Marc Gognet est l'un des fondateurs des premières pages officielles de Philippe Ebly sur Internet. Aujourd'hui, il met en ligne sa correspondance avec Philippe Ebly sur le site de L'écrivain Philippe Ebly, une seconde chance incroyable pour tous les lecteurs qui n'avaient jamais osé, et n'auraient pas pu tous lui écrire et recevoir ses réponses.

Jean-Marc a bien voulu répondre à mes questions, avec, en préambule, les réponses de Marvin42, qui s'est chargé de construire les pages du point de vue technique et a ensuite veillé sur les différents sites qui ont suivi.

Marvin42, comment t'es venu l'idée de créer les premières pages officielles ?

Jean-Marc a bien connu Philippe Ebly. Il lui écrivait fréquemment et il l'a rencontré de nombreuses fois. Il ne savait pas comment mettre en place le site web. J'ai fait l'installation des moteurs, mais c'est lui qui a conçu le contenu du site ( avec l'aide d'Hervé pour différentes sections comme les couvertures, les jeux,...). Dans un deuxième temps, j'ai mis en place le forum phpBB car celui d'origine ne tenait pas la route. D'après mes souvenirs, on a commencé le site en 2002 ou 2003. Au début il était hébergé gratuitement chez Free.

Est-ce qu'il existait des pages Philippe Ebly avant celles-ci ?

A ma connaissance, ce site web est le premier consacré à cet auteur.

Comment tu as découvert Philippe Ebly ?

J'ai lu mon premier livre de Philippe Ebly (...et les martiens invitèrent les hommes) au CM1. J'avais dévoré toute la série des "Conquérants de l'impossible" ( je n'ai jamais lu les autres séries ), puis je l'ai oubliée dans un carton. Au cours d'un déménagement (en 2002 je crois ), je suis tombé dessus et je suis allé sur Internet pour voir ce qu'on pouvait y trouver sur l'auteur. C'est comme ça que je suis tombé sur Jean-Marc Gognet (dans un groupe de discussion je crois ).J'avais les compétences techniques et lui avait la connaissance de Philippe Ebly : on a décidé de faire un site web.

Et à présent, l'interview de Jean-Marc...

Volontaires pour l'inconnuLes compagnons de la croix rousse

Jean-Marc, comment tu as découvert Philippe Ebly ?

 Je ne lisais pas beaucoup, j’avais 15 ans à peu près et j’étais malade avec une forte fièvre, je devais garder le lit. Ma mère m’avait acheté « Volontaires pour l’inconnu », un peu par hasard car je lui avais demandé juste un livre Bibliothèque verte. Je ne faisais que commencer d’en lire, je crois que je lisais depuis peu les Six compagnons. J’ai tellement aimé que j’ai lu le livre en très peu de temps et j’ai voulu en lire d’autres. Mon frère qui avait des livres de cette collection avait deux ou trois livres de cet auteur, que j’ai pu échanger, j’ai lu la Voute invisible.  Après, je n’ai pas décroché, et j’ai tout fait pour me procurer les livres.

L'éclair qui effaçait toutL'évadé de l'An II

Quels romans t'ont alors impressionnés ?

 J’ai deux romans principalement qui m’impressionnaient : L’éclair qui effaçait tout, avec l’envie ensuite de savoir qui était Trajan, et l’Évadé de l’an II, pour mon amour de l’histoire, qui ne m’a jamais quitté. J’aimerais ajouter Volontaires pour l’inconnu, qui  fut mon premier livre lu.

Qu'est-ce que tu lisais d'autre à l'époque ?

 Comme je l’ai dit, je ne lisais presque pas de romans à l’époque, quelques bibliothèques roses, quelques Fantômette et Club des cinq, mais surtout de la bande dessinée pour enfants.

Opération FantômetteLe club des cinq se distingue

Écrire, voir rencontrer Philippe Ebly en personne, c'est quelque chose que je n'aurais jamais imaginé ni osé faire tellement je pouvais être intimidé, comment est-ce arrivé pour toi ?

 Un hasard, j’ai écrit à Hachette pour demander comment trouver les livres, qui n’étaient jamais en rayon dans ma campagne normande, et cette lettre a été transmise à Philippe Ebly qui y a gentiment répondu. Au bout de quelques lettres, il m’a envoyé gratuitement le livre que je rêvais d’avoir, une longue amitié de trente ans est née. J’avais bien sûr la fierté de connaître le père de mes héros, et le sentiment d’avoir un grand privilège, qui a été encore plus loin quand il m’a intégré dans trois de ses romans.

Est-ce qu'aujourd'hui tu écris toi aussi des livres, ou est-ce que tu es journaliste ?

 Je n’écris pas, je ne suis pas journaliste. J’ai eu envie de faire de la BD, étant adolescent, je n’ai pas continué dans cette voie, j’étais jeune, et j’avais une vision angélique des choses, je me voyais vivre de ce métier, et Philippe Ebly m’avait mis en garde. J’ai eu des envies d’écriture, je suis comme on dit passé à l’acte, cela n’a pas été plus loin que l’ébauche d’un récit, un synopsis, et quelques chapitre. Je n’arrivais pas à écrire autrement que du « Philippe Ebly ».

MagellanAsterix le Gaulois

Quels sont les romans, les bandes-dessinées, films, etc. qui t'impressionnent aujourd'hui ?

 Aujourd’hui je lis des biographies, le dernier auteur qui m’a marqué est Stefan ZWEIG, le dernier livre étant Magellan. En BD, je n’ai aimé que les Astérix.

 Aujourd'hui, je ne connais que Destination Ebly de Dominik Vallet et Le club des cinq, Fantômette, Oui-oui et les autres, le livre d'Armelle Leroy qui détaillent l’œuvre de Philippe Ebly sur un support stable. Est-ce que l'on peut imaginer que tu sortes un jour toi-même un livre électronique imprimable ou un livre papier sur Philippe Ebly ?

 Hum, je ne pense pas, je n’en ai pas trop les capacités je pense. Ma contribution depuis sa disparition est un site : L’écrivain Philippe Ebly où je mets en ligne une partie de la correspondance, de 1981 à 1984. Je possède quelques « trésors », deux livres non publiés des Patrouilleurs de l’an 4003, un livre non publié : Le futur noir, un ou deux synopsis et des tas de souvenirs, mais je n’ai pas de contact avec sa famille, et je ne veux pas utiliser ce qu’il m’avait confié alors qu’il n’est plus là pour me dire oui.

Destination: Philippe Ebly Le club des cinq, Fantômette, Oui-oui et les autres

Est-ce qu'il existe d'autres livres ou cahier documentaire sur Philippe Ebly ?

 Je ne pense pas qu’il existe d’autres livres ou documents évoquant Philippe Ebly un peu comme une biographie. La seule chose que je pourrais éventuellement faire est de réponde aux questions comme je le fais ici, si d’aventure un projet pourrait voir le jour à l’avenir.

Un grand merci à Jean-Marc Gognet, ainsi qu'à Marvin42.

Ici le site de l’écrivain Philippe Ebly

Une biographie de Philippe Ebly (1)

 

Philippe Ebly, enfantPhilippe EblyPhilippe Ebly

La première biographie de Philippe Ebly est, à ma connaissance, mise en ligne sur le site en 2002 construit par Marvin42 et documenté par Daynohan. Elle est rédigée par Daynohan, puis complétée par Marvin42 et enfin mise à jour par mes soins. En voici le texte...

Tintin 04: Les cigares du pharaon Ivanhoé

Philippe Ebly est un auteur de science-fiction du XXème siècle, né à Paris et de nationalité Belge. Les ressources qui développeront son "appétit" pour les récits d'aventures sont nombreuses, on peut citer , les albums de Tintin et Milou ou, dans un autre registre Ivanhoé dont il admire le roi Richard Cœur de Lion. Cette dernière œuvre n'est pas sans rapport avec le livre qu'il écrira bien plus tard (Celui qui revenait de loin). A l'age de seize ans, il séjourne un mois en Allemagne. C'est le début de ses voyages qui se poursuivront à l'age adulte entre le Mexique, la Suède et un pays qui le fascine : l'Italie.

Le seigneur des anneauxLes rois maudits 01: Le trône de fer

Philippe Ebly est ingénieur en métallurgie dans un centre de recherche scientifique. Son expérience dans ce domaine l'aidera à rendre crédible les techniques complexes des voyages temporels et de donner une approche vraisemblable à ses récits fantastiques dont le point de départ est bien souvent basé sur la réalité. Cela permet à chacun de se glisser dans la peau des aventuriers, de s'identifier à l'un des personnages.

Au début de sa carrière, alors qu'il avait à peine vingt ans, son activité professionnelle le fait partir à Toulouse pour un stage de deux mois. Parmi les auteurs ou les romans qui ont passionné Philippe Ebly, on peut citer Stephen King, le roman du " Seigneur des anneaux ", " Les Rois maudits " de Maurice Druon ou encore " Sinouhé l'Egyptien " dont il s'est inspiré pour écrire Volontaire pour l'inconnu.

Destination UruapanMission sans retour

Son premier livre, Sanderloz Profondeur 0 qui n'a jamais été publié, a été écrit vers 1967. C'est un récit d'anticipation dont la toile de fond est la troisième guerre mondiale et la survie après le cataclysme nucléaire. Mais c'est en mai 1971 qu'il tente sa chance avec Destination Uruapán auprès de la maison d'édition Hachette jeunesse. Ce livre est le premier d'une longue série d'aventures (21 en tout) qui portera le nom des Conquérants de l'impossible.

La première parution date de décembre de cette année là, puis la série fut traduite dans plusieurs langues, rééditée en grande partie et revue par l'auteur entre 1993 et 1995. La dernière aventure des Conquérants de l'impossible chez Hachette été publiée en 1996 (Mission sans retour). Entre-temps, deux autres séries ont vu le jour : les Évadés du temps et les Patrouilleurs de l'an 4003. Cette dernière série répond à une attente du public pour des récits tournés vers le futur.

Sa bonne entente avec les illustrateurs Yvon Le Gall ou plus récemment Erik Juszezak a permis d'établir un lien de confiance et une complémentarité. Dans cet esprit, la métamorphose du Serge des débuts (dessiné par Yvon Le Gall) en celle d'un adolescent des 90 (par Erik Juszezak) a été une réussite, de l'avis même de l'auteur.

Philippe Ebly et son public

Philippe Ebly ne s'est pas contenté d'écrire. Il a participé activement à la promotion de ses livres par une activité qu'il affectionne, sa rencontre avec les lecteurs - la plupart du temps dans les collèges français. Régulièrement, il rendait visite à une école privée du XIIème arrondissement de Paris, mais également dans d'autres villes comme Dunkerque, Châteaubriant, Grenoble, Lille etc... A Evian, la collaboration active entre les enseignants et les élèves d'un coté, et Philippe Ebly de l'autre, a permis l'écriture du dernier roman des Conquérants de l'impossible (Mission sans retour).

L'auteur était également présent dans les salons du livre, à Montreuil (banlieue de Paris) en 1987, à Bailleul (banlieue de Lille) en 1989, à Troyes en 1993, mais également au Mans. Ces longues journées de rencontres qui lui permettaient de dialoguer avec d'autres auteurs et d'échanger avec son public représentaient à chaque fois pour lui une joie non dissimulée.Tout ceux qui ont approché Philippe Ebly pourront le dire : cet auteur a conservé son âme d'enfant, sa capacité à s'émerveiller et à comprendre les jeunes. Son imagination fertile franchit allègrement le temps car l'imaginaire n'a pas de barrière.

L'éclair qui effaçait tout Le voyageur de l'au-delà

La collection s'est arrêtée en 1997, mais l'auteur avait dans sa réserve plusieurs manuscrits non publiés (notamment Le prisonnier de l'eau, le 20ème roman des Conquérants de l'impossible). A partir de 2002, il publie quatre nouvelles aux Éditions Averbode, et la même année, les éditions Degliame rééditent une grande partie de la série des Conquérants de l'impossible et les premiers Évadés du Temps. Mais les éditions Degliame cessent leurs publications en 2005. Il faut attendre 2007 pour que les éditions Temps Impossible éditent enfin Le prisonnier de l'eau, puis le Chien qui miaulait et un recueil de nouvelles, Sur le Fleuve du temps.

Son talent a été récompensé par deux prix : en 1976, le prix du salon de la famille à Lille pour La voûte invisible, et en 1993 à Valenciennes, le prix littéraire 4ème livre d'or des jeunes lecteurs catégorie junior, pour Chasse au tigre en Corrèze. Mais sa meilleure récompense est bel et bien l'attachement de ses lecteurs à ses aventures. Il a reçu des centaines de lettres de ses "fans", lettres qui recevaient chaque fois une réponse malgré son emploi du temps chargé. C'est une grande qualité de Philippe Ebly d'avoir autant de respect pour ses lecteurs...

Philippe Ebly s'éteint paisiblement le 1er mars 2014 en Belgique, mais il continue d'illuminer les rêves et les cœurs de tout ses lecteurs passés, présents et à venir.

Ici L'écrivain Philippe-Ebly, le site de Jean-Marc Gognet

 Ici le forum Philippe-Ebly.fr consacré à Philippe Ebly, ses héros et à l'actualité de la Science-fiction